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Jeunesse et vie étudiante

Des étudiants de l’ICAM font décoller des fusées

Pour la deuxième année consécutive, le club aérospatial de l’ICAM Vendée a qualifié une fusée expérimentale au C’Space. Du 11 au 18 juillet, des étudiants yonnais feront décoller AGILITY sur le camp militaire de Ger.


Sur la porte du bureau 22, une fusée annonce la couleur. Les trombines de la « Team 2026 » s’affichent dans les tenues de la Nasa. « Le club aérospatial de l’ICAM a été créé en septembre 2024 », attaque son président, Tom Adrion. Autour du décollage de l’association, une bande de potes. « Des passionnés d’aérospatial, de modélisme ou même d’astronomie. » Des copains qui se retroussent les manches pour dégoter du matériel. « On a aussi « volé » quelques tables et chaises dans les classes et on a aménagé notre local », avoue Adrien Raffin.

Au mur, les plans à l’échelle 1:1 de la fusée ICAM Voyager. « Celle que nous avons fait décoller, en juillet 2025, lors du C’Space» Ce rendez-vous des étudiants avec l’espace, organisé par le Centre national d’études spatiales (CNES) et Planète Sciences, faisait rêver le petit groupe.

Adrien en garde des étoiles plein les yeux : « Il faut entendre le bruit au lancement sur le camp militaire de Ger, près de Tarbes… » Tom se souvient de l’émotion : « La chance que j’ai eu d’appuyer sur le bouton. » L’envol, lui, a capté des centaines de milliers de vues sur le compte Instagram de l’asso. « C’est un moment assez magique. » Leur « bébé » qui atteint une apogée de 2 653 m et une vitesse de 800 km/h.  « Même si Voyager, c’est un peu le Titanic, avouent les élèves ingénieurs. Elle n’est jamais revenue de son vol inaugural. » Les suspentes du parachute ont lâché et la fusée s’est écrasée… dans la zone minée du camp militaire.

« Dans la fusée, il y a tout ce qu’on a appris »

Depuis, les étudiants sont retournés à leurs calculs, leur imprimante 3D et leurs capteurs. De leur esprit, est née deuxième fusée expérimentale : Agility. « Dans ce projet, on met tout ce qu’on a appris en cours : la mécanique, l’aérodynamique, l’électronique, la programmation… » Autant de connaissances dans un vaisseau de 2,5 m et 12 kg. « L’an dernier, on voulait aller le plus haut possible, relance Adrien. Cette fois, on vise les 1 500 m. Mais notre objectif pour ce C’Space 2026, c’est surtout que tous nos systèmes internes fonctionnent. » Des parachutes à la télémétrie, en passant par les caméras parées à filmer le vol.

Dans les Pyrénées, les élèves yonnais auront aussi les yeux rivés à Minisonic. « Nous avons qualifié cette mini-fusée, rappelle Élisa Delair, étudiante en deuxième année. Elle symbolise le passage de témoin. » Cette transition que l’association devra opérer, l’an prochain, avec le départ des « aînés ». Pour continuer à décoller.

C’Space, le rendez-vous annuel des projets spatiaux étudiants

« Ce n’est pas un concours, mais une campagne de lancement de fusées. » 13 élèves de l’ICAM se sont lancés dans le défi du C’Space 2026, en septembre dernier. « Tout au long du projet, nous bénéficions des conseils de l’équipe de suivi, exposent les étudiants. Nous avons eu trois réunions à Paris : en novembre, février et juin. » C’est lors de l’ultime rendez-vous que la qualification se joue. « Avec des tests cruciaux : la compatibilité du moteur et l’éjection du parachute. » Le 6 juin, les experts du CNES et de Planète Sciences ont validé la participation d’Agility et Minisonic. « Une récompense pour tout le travail réalisé. » Celui de l’ombre, aussi. « Comme la cagnotte participative ou la recherche des sponsors. »

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