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À Landeronde, la maison-forte ouvre ses portes

La propriété de La Gourderie, à Landeronde, est une maison-forte datant de 1600. Le public peut la découvrir lors des Journées du patrimoine, dimanche 20 septembre.


Le bourg de Landeronde est déjà dans le rétroviseur. La petite route à droite glisse jusqu’aux barrières blanches. Surgissant d’un parc de 2 hectares, la demeure de la Gourderie se dresse fièrement. « C’est la vue la plus classique, sourit d’emblée Gonzague de Châtillon. Celle qui justifie l’appellation maison-forte. »

Cette vue qui a convaincu Gonzague de ne pas livrer aux oubliettes le bien familial. « Cette bâtisse est dans ma famille depuis la fin du XIXe siècle. J’ai repris la maison en 1967, alors qu’elle était à l’abandon. Le lierre avait envahi les portes et les fenêtres. » Ne subsistent alors que les traces de vie de la ferme. « Ce que la Gourderie a été de la Révolution à l’arrêt du dernier fermier en 1962. »

Le propriétaire remonte le fil du temps : « La maison a été construite autour des années 1600 par Antoine Poitevin. » Clin d’œil à l’époque, un relief sur pierre d’Henri IV trône aujourd’hui dans le salon. Logis seigneurial, il accueillera la petite noblesse locale. « Il échappera, on ne sait comment, à la démolition pendant la Révolution. » Avant d’être le toit des fermiers successifs et de leurs familles.

« Les cultures venaient jusqu’au pied de la tour », poursuit le maître de maison. Celle, alors tronquée, qui guettait les envahisseurs à travers ses meurtrières. « Je l’ai relevée en 1979. Ronde, elle cache une pièce carrée, transformée en cuisine aujourd’hui. Et des murs d’un mètre 40 d’épaisseur. » Dernière survivante, la tour devait avoir deux « sœurs ». Deux « piliers » pour le porche d’entrée depuis disparu.

Les premiers rangs de pierre de l’une d’elles guettent l’ancienne allée d’entrée. « Autrefois, elle était pavée », poursuit Gonzague. En l’empruntant, le visiteur d’aujourd’hui part à la découverte du nuancier du lieu. « Dans ce parc, j’ai souhaité créer un voyage végétal », souffle Grégoire, fils des propriétaires, « avec des variétés diverses, des arbres, des arbustes, des bambous, des palmiers ». Dans cet arboretum, poussent bosquets d’eucalyptus, pins parasol, cèdres de l’Atlas et autre Ginkgo biloba.

Des poutres semblables à celles de l’église locale

De nouvelles ouvertures ont percé la bâtisse. Gonzague de Châtillon livre les secrets de la différence : « Les moulures permettent de reconnaître celles d’époque. » Dans les dépendances, d’autres confidences : « Deux pièces de charpente identiques à celles de l’église de Landeronde qui a été construite dans les mêmes années. »

Sous le tapis du salon, au pied de la cheminée, d’autres trésors. « Trois tommettes ornées de fleurs de lys. » La cuisine d’antan a laissé le noir des fumées au plafond d’une pièce du rez-de-chaussée. « Ici, il y a sept pièces principales, avec chacune une cheminée comme moyen de chauffage. » Le secret le mieux gardé est sans doute l’escalier droit monumental. « En granit, il est orné de deux grosses boules au niveau de sa main courante. »

La demeure seigneuriale est aujourd’hui la résidence d’été de la famille de Châtillon. « C’était mon objectif quand, à 26 ans, j’ai commencé sa réhabilitation », avoue Gonzague. « Motivé par la transmission de ce patrimoine qui est dans ma famille depuis un peu plus d’un siècle. » Pour les Journées du patrimoine, les portes de La Gourderie s’ouvrent. « C’est une belle expérience d’échanges ». Quelques brèves d’histoire et un brin de confidences. « Pourquoi La Gourderie ? Ma version tient à la vieille fontaine en granit présente sur la propriété, alimentée par une source, qui permettait une halte pour remplir sa gourde. »

 

  • Dimanche 20 septembre de 10 h 30 à 18 h 30 : Journées européennes du patrimoine au Logis de La Gourderie (visite libre des extérieurs). Renseignements au 06 09 40 81 53.

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